Faut-il jouer les chevaux reculés ?
Au trot, certains chevaux ne partent pas de la même ligne que les autres : on dit qu'ils sont reculés. Ce recul est-il un handicap réel, ou une simple formalité qui n'empêche en rien la victoire ? J'ai passé au crible plus de 1700 courses pour trancher cette question.
- Pourquoi certains chevaux sont reculés au départ, et à quel seuil
- Comment je repère un cheval reculé sur un programme de courses
- Ce que révèlent les 1764 courses que j'ai analysées sur leurs chances réelles
- Pourquoi les rapports changent tout, même sans avantage statistique net
Pourquoi un recul ?
Le recul existe pour tenter d'équilibrer les chances entre les partants. Il est fixé à partir d'un seuil de gains : un cheval qui dépasse ce seuil doit "rendre 25 mètres" au départ. Un cheval placé juste sous ce seuil, lui, est ce que j'appelle un cheval tangent. Une course peut compter jusqu'à 3 étages de départ : la ligne normale, puis 25, 50 et 75 mètres de recul.
Comment je repère un cheval reculé
Sur un programme de courses sérieux, la distance à parcourir est indiquée pour chaque partant. Deux chevaux d'une même course peuvent ainsi avoir des distances différentes, l'écart correspondant exactement au recul appliqué. Un repère que j'utilise pour gagner du temps : les chevaux reculés portent systématiquement un numéro plus élevé que les chevaux non reculés. Je commence donc souvent mon analyse par la fin de la liste des partants.
Mon étude
J'ai étudié toutes les courses de trot comportant un départ à plusieurs étages sur une année complète, sans distinguer les différents niveaux de recul : qu'un cheval doive rendre 25, 50 ou 75 mètres, je le classe simplement "reculé". Pour chaque course, j'ai vérifié si le vainqueur partait reculé ou de la ligne normale.
Ce que révèlent les chiffres
Sur les 1764 courses que j'ai analysées, la répartition des victoires est étonnamment équilibrée : un peu plus de la moitié des vainqueurs partaient reculés, l'autre partie venait de la première ligne. Je retiens donc que le recul, à lui seul, ne condamne pas un cheval à l'échec.
Ce dernier point mérite que je m'y attarde. Si les chevaux reculés le sont, c'est justement parce qu'ils ont déjà accumulé des gains importants dans leur carrière : je les considère, statistiquement, comme de meilleurs chevaux. Le public le sait et les joue davantage, ce qui fait naturellement baisser leurs cotes. Un cheval reculé qui gagne rapporte donc en moyenne moins qu'un non reculé, tout simplement parce qu'il est mieux identifié comme favori potentiel.
Que faut-il en conclure ?
Je n'ai pas trouvé de réponse tranchée à la question "faut-il jouer les chevaux reculés". Deux constats ressortent cependant clairement de mon étude : le recul n'est pas en soi un frein à la victoire, et un cheval avancé qui n'est pas favori conserve de réelles chances de gagner. Ces conclusions peuvent sembler évidentes, mais elles ont désormais le mérite d'être vérifiées sur plus de 1700 courses.
Conclusion
Je ne considère jamais un cheval reculé comme un cheval défavorisé : c'est souvent un cheval qui a déjà prouvé sa valeur, et qui continue de gagner malgré la contrainte. Le vrai enjeu n'est donc pas pour moi d'éviter ou de privilégier les chevaux reculés, mais de comprendre ce que ce recul dit de leur niveau réel, pour mieux évaluer le rapport qu'ils proposent.
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